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Etape 1 : Paris - Le Havre

388 km. 29 juin 1913

- Micheletto au sprint
Henri Desgrange n’est pas content : "J’ai eu, des centaines de kilomètres durant, l’impression que nos coureurs, par un coup de baguette magique, s’étaient endormis depuis notre dernier Tour de France et qu’ils venaient de se réveiller, non pas pour en disputer un nouveau, mais bien pour disputer la 16ème et supplémentaire étape du Tour de France de l’an passé. Vous vous souvenez qu’en 1912, les cinq dernières étapes manquèrent totalement d’intérêt, les coureurs se refusant à toute lutte entre eux, finissant à La Rochelle, à Cherbourg, au Havre en paquets compacts. C’est même cette considération qui a le plus contribué à nous faire, cette année, adopter le classement par addition des temps" ("L’Auto").
En effet, à Fécamp, après 350 km de course, le peloton de tête se compose encore d’une quinzaine d’hommes, peu décidés à en découdre. Il faut attendre la 2ème crevaison de Lapize, à 15 km du terme, pour que "toutes les énergies des leaders endormies depuis Paris", se réveillent. Au Havre, ils ne sont plus que 7 à se disputer le sprint que Giovanni Micheletto de la petite équipe Griffon remporte devant une Armada belge : Buysse (Peugeot), Masselis et Defraye (Alcyon), Lauwers (Liberator) et Salmon (Griffon). C’est la débandade pour les Français, sauvés du zéro pointé par le Roubaisien Niedergang (Automoto).

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Giovanni Micheletto (1889-1958) n’est pas le premier venu.
L’Italien, originaire de la région du Frioul, a gagné le Tour de Lombardie en 1910, le Giro (qui se disputait par équipes à cette époque) en 1912 et, cette même année 1913, Paris-Menin.

-  Les premiers écarts
Thys a fini 9ème à 1’19’’, Christophe 12ème à 4’50’’, Lapize 14ème à 8’19’’. Pour eux, rien de grave. Les autres ténors du cyclisme d’avant-guerre y ont laissé quelques plumes : Georget (qui "a encore à gagner comme forme"), Duboc (qui "creva stupidement à Veules" alors qu’il offrait "l’impression d’étourdissante facilité qu’il nous donna voici deux ans") et Pélissier ont perdu 12’45’’. Garrigou ("On ne peut pas être et avoir été") a fini 24ème à 22’45’’. Faber ("qui creva à plusieurs reprises et qui était, au surplus, beaucoup trop multiplié"), Petit-Breton (qui est tombé 2 fois) et Crupelandt (qui s’est fracturé la clavicule "il n’y a pas quinze jours") ont déboursé 25’16’’.

-  Classement de l’étape

Place Coureur Temps / Ecart
1 Giovanni Micheletto (Ita) en 14h9’47’’
2 Marcel Buysse (Bel)
3 Jules Masselis (Bel)
4 Alfons Lauwers (Bel)
5 Félicien Salmon (Bel)
6 Constant Niedergang (Fra)
7 Odile Defraye (Bel) t.m.t.
8 Emile Masson "senior" (Bel) à 50’’
9 Philippe Thys (Bel) à 1’19’’
10 René Vandenberghe (Bel) à 4’50’’

- Classement général

Place Coureur Temps / Ecart
1 Giovanni Micheletto (Ita) en 14h9’47’’
1 Marcel Buysse (Bel)
1 Jules Masselis (Bel)
1 Alfons Lauwers (Bel)
1 Félicien Salmon (Bel)
1 Constant Niedergang (Fra)
1 Odile Defraye (Bel) t.m.t.
8 Emile Masson "senior" (Bel) à 50’’
9 Philippe Thys (Bel) à 1’19’’
10 René Vandenberghe (Bel) à 4’50’’
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