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Etape 8 : Nîmes - Perpignan

216 km. 17 juillet 1910

- Faber perd des points
Dès la sortie de Nîmes, sous le coup de 3 heures du matin, Julien Maitron (12ème du général), Georges Paulmier (18ème) et Constant Ménager s’enfuient. Peut-être le peloton les aurait-il laissés partir, si, quelques kilomètres plus loin, à Montagnac très exactement, Faber n’avait pas crevé ? Dès lors, la course est lancée. Et quelle course ! Jamais le « Géant de Colombes » ne parviendra à rejoindre ceux qui, bien évidemment, ne l’ont pas attendu (Lapize, Van Hauwaert, Georget, Albini, Cruchon, Trousselier). 9ème à Perpignan, le Luxembourgeois perd 6 points sur Lapize (3ème).

-  34,6 km/h de moyenne
Cette course-poursuite entre les favoris de l’épreuve auraient dû causer la perte des échappés matinaux. Il n’en sera rien. Malgré la crevaison de Ménager après Montpellier (km 49), Paulmier et Maitron, les 2 coureurs de l’équipe « Le Globe », se sont parfaitement relayés : 1’20’’ d’avance à Montpellier, 5’45’’ à Béziers, 7’5’’ à Sigean, 10’ à Perpignan où ils réalisent la meilleure moyenne jamais enregistrée : 34,6 km/h !
Entre les 2 amis, le sprint n’est pas âprement disputé. Paulmier l’emporte devant Maitron, déjà vainqueur à Nice.

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2ème étape après celle de Bordeaux en 1908 pour Georges Paulmier (1882-1965) qui se montre bavard à l’arrivée :
"J’ai eu dans l’idée que ça allait terriblement vite tout le temps, et que j’étais remonté comme une mécanique. Pas la moindre défaillance. (...) Avec mon vieux copain Maitron, nous nous sommes sauvés comme dans une course de primes. (...) Nous avons mené chacun notre tour un petit train de derrière les fagots."

-  Garrigou, victime d’une machination ?
2ème du général ce matin, Gustave Garrigou a hypothéqué toutes ses chances en prenant aujourd’hui la 25ème place de l’étape à 1h6’ du vainqueur. Alors qu’il traversait Lunel à 3 heures du matin, le pauvre s’est retrouvé par terre, la roue avant démontée, toutes les billes éparpillées. Il lui a fallu 1 heure 30 pour trouver un mécanicien, remettre des nouvelles billes calibrées et réparer !
Jean Bobet a recueilli en 1960 une interview de l’Aveyronnais dans laquelle l’ancien coureur estimait qu’il avait été victime d’une machination. Laissons-le s’expliquer : «  Comme chaque soir, j’avais pris soin de monter ma bicyclette dans ma chambre. La précaution pourrait paraître inutile puisque, cette année là, nous les Alcyon dominions le Tour depuis le départ. Seulement, entre nous, la bagarre était chaude. Ce soir là, en tout cas, j’avais oublié de fermer à clef la porte de ma chambre et cette erreur, c’en était une, devait me coûter cher. » (...) « On avait dévissé la cuvette de la roue et je n’avais rien vu. »
Garrigou n’en dira pas beaucoup plus mais ses soupçons portaient très certainement sur l’entourage de Faber...

Classement de l’étape

Place Coureur Temps / Ecart
1 Georges Paulmier (Fra) en 6h14’’
2 Julien Maîtron (Fra) m.t.
3 Octave Lapize (Fra) à 10’
4 Cyriel Van Hauwaert (Bel)
5 Emile Georget (Fra)
6 Pierino Albini (Ita)
7 Charles Cruchon (Fra)
8 Louis Trousselier (Fra) à 10’10’’
9 François Faber (Lux) 17’
10 Charles Crupelandt (Fra) m.t.


Classement général

Place Coureur Temps / Ecart
1 François Faber (Lux) 33 pts
2 Octave Lapize (Fra) 48 pts
3 Cyriel Van Hauwaert (Bel) 56 pts
4 Gustave Garrigou (Fra) 65 pts
5 Charles Cruchon (Fra) 71 pts
6 André Blaise (Bel) 93 pts
7 Louis Trousselier (Fra) 94 pts
8 Ernest Paul (Fra) 103 pts
9 Charles Crupelandt (Fra) 104 pts
9 Julien Maitron (Fra) 104 pts
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