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Etape 5 : Lyon - Grenoble

311 km. 11 juillet 1910

-  Faber et Garrigou montrent des signes de fatigue
25 hommes se présentent ensemble au pied du col du Cerdon. Bien vite, nous assistons à une grosse surprise : la défaillance de Faber et de Garrigou. A Nantua, les 2 premiers du général sont pointés à 2’15’’. Rien de rédhibitoire mais, à Annecy, c’est 10’ que les 2 As concèdent sur le groupe de tête. Et il faut encore gravir le col de Porte, la grande difficulté du jour.
Faber, «  flapi », enrhumé et quelque peu blessé à la selle, parvient à limiter les dégâts. 6ème à Genève, le Luxembourgeois conserve la 1ère place au général. Garrigou, 7ème, s’en tire, lui aussi, relativement bien.

- Terrible bataille au col de Porte
Arrêtons-nous désormais au col de Porte que 7 coureurs (Petit-Breton, Georget, Bettini, Van Hauwaert, Lapize, Crupelandt et Blaise) abordent ensemble.
Georget change de côté sa roue arrière de manière à pouvoir bénéficier d’un plus petit développement. Cette tactique qui lui prend aujourd’hui 2’45’’ lui a permis de vaincre au Ballon d’Alsace. Elle semble encore être la bonne puisque Georget remonte un à un ses adversaires… jusqu’à ce qu’il s’arrête, pris de violentes douleurs d’estomac. Le pauvre terminera 19ème de l’étape.
Pendant ce temps, Lapize et Van Hauwaert, inséparables depuis le début de l’épreuve, se livrent un duel féroce. Dans les pourcentages les plus abrupts, le Français alterne la bicyclette et la course à pied tandis que le Belge préfère monter la terrible rampe arcbouté sur son vélo. Que de souffrances pour ces 2 champions qui, soudain, à 5 km du sommet, voient un homme leur passer devant : Charles Crupelandt. Vainqueur lors de la 1ère étape, le Roubaisien, malgré les rayons de sa roue arrière desserrés mais pourvu, comme Georget, d’une petite multiplication, franchit le sommet avec 4’10’’ d’avance sur les 2 Alcyon.

-  Lapize dans la douleur
On pense Crupelandt bien parti pour l’emporter mais, dans la descente, ses rayons cassés lui posent de réelles difficultés et Lapize en profite pour le doubler.
1er à Genève, «  Le Frisé » n’en mène pourtant pas large sur le Quai de France. En effet, c’est en larmes qu’il se laisse tomber de sa machine et qu’il jette ses chaussures, dégoûté. Lapize souffre toujours des pieds et se déclare « fourbu, démoralisé, désespéré ».
Le voici malgré tout remonté à la 3ème place du général, à 20 points de Faber.

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Lapize, vainqueur des 2 derniers Paris-Roubaix, n’a pas dit son dernier mot.


Classement de l’étape

Place Coureur Temps / Ecart
1 Octave Lapize (Fra) en 10h43’
2 Charles Crupelandt (Fra) à 2’
3 Cyriel Van Hauwaert (Bel) à 4’
4 Lucien Petit-Breton (Fra) à 7’
5 Jean-Baptiste Dortignacq (Fra) à 17’
6 François Faber (Lux) à 22’
7 Gustave Garrigou (Fra) à 26’
8 Aldo Bettini (Ita) à 29’
9 Charles Cruchon (Fra) m.t.
10 Georges Paulmier (Fra) à 30’


Classement général

Place Coureur Temps / Ecart
1 François Faber (Lux) 14 pts
2 Gustave Garrigou (Fra) 30 pts
3 Cyriel Van Hauwaert (Bel) 34 pts
3 Octave Lapize (Fra) 34 pts
5 Charles Cruchon (Fra) 43 pts
6 Henri Cornet (Fra) 53 pts
7 Lucien Petit-Breton (Fra) 55 pts
8 André Blaise (Bel) 65 pts
9 Louis Trousselier (Fra) 68 pts
10 Marcel Godivier (Fra) 74 pts
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