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Etape 7 : Nice - Nîmes

345 km. 15 juillet 1910

- L’Esterel en hors d’œuvre
Les coureurs traversent Antibes (km 22) à 3h40’ du matin. Bientôt, il leur faut gravir l’Esterel. Julien Maitron, vainqueur de l’étape précédente, n’hésite pas à durcir le train. Au sommet, seuls Paul, Georget, Blaise, Lapize, Van Hauwaert et Lannoy lui tiennent encore compagnie. Notons que le leader de l’épreuve, Faber, ne fait pas partie de ce groupe de tête. Qu’il se rassure, Lapize crève dans la descente et se retrouve derrière lui à Fréjus (km 79).
Tout ce beau monde ne tarde pas à se regrouper.

-  La Crau en plat principal
13 coureurs (Godivier, Azzini, Georget, Blaise, Paul, Cruchon, Paulmier, Dortignacq, Lapize, Trousselier, Crupelandt, Faber et Maitron qui crève) arrivent ensemble à Salon (km 274) à 12h43’. Il s’agit désormais de traverser le désert de La Crau : « C’est la souffrance habituelle et terrible provoquée par la réverbération du soleil sur les blanches routes du midi ; par la sueur qui ruisselle et entraîne la poussière qui se colle sur la figure et dans les yeux » (A. Steinès «  L’Auto »). A 14h8’, à Arles (km 315), nous retrouvons les mêmes hommes aveuglés, assoiffés mais soulagés. L’enfer est derrière eux.

- Faber s’offre le dessert
C’est alors que Faber et Lapize s’échappent. Les 2 cracks auraient certainement terminé ensemble, 30 km plus loin, si «  Le Frisé » n’avait pas, une nouvelle fois, crevé.
Vainqueur de sa 3ème étape sur ce Tour, Faber, «  l’homme des bourrasques, des chutes de grêle et du froid » (P. Leroy) remporte sa victoire la plus insolite : « Mon rhume est fini, et ce n’est pas étonnant : il suffit de traverser la Crau sous un soleil ardent pour se guérir de tout refroidissement. Vindieu ! Quelle chaleur ! (…) La famille se distingue, qu’en pensez-vous ? Ernest l’an dernier, moi cette année. Qu’on aille donc dire après cela qu’un débardeur ne peut pas faire la salamandre dans le soleil. »
3ème et 5ème, Lapize et Garrigou ont fait mieux que Van Hauwaert (14ème) qui a crevé avant Toulon (km 166) et n’a jamais revu ses adversaires.

- Petit-Breton s’arrête
La fourche brisée, Lucien Petit-Breton, vainqueur de l’épreuve en 1907 et 1908, se retire avant La Crau. Pour sa défense, "L’Argentin" invoque que "jamais encore, dans aucune course (il) n’a eu plus de guigne ; une guigne persistante, bête, infâme et cruelle qui vous pousserait à abandonner tout de suite, si vous n’aviez pas un devoir à remplir, une guigne à se briser la tête contre les murs". Il estime être encore au sommet de sa forme mais Roger Bastide, dans la biographie qu’il a consacré au coureur, se montre plus circonspect : comment, lui, "le mécanicien d’élite, le roi de la machine poinçonnée" peut-il accumuler tant de pépins techniques depuis son retour à la compétition ? Pour l’écrivain, la malchance ne peut expliquer à elle-seule le fait qu’un tel champion n’ait remporté aucune course cette année. Peut-être Petit-Breton est-il moins concentré, plus préoccupé par son magasin de cycles créé à Périgueux où il peut s’adonner à sa nouvelle passion : l’aviation ?

Classement de l’étape

Place Coureur Temps / Ecart
1 François Faber (Lux) en 11h48’’
2 Georges Paulmier (Fra) à 4’
3 Octave Lapize (Fra)
4 Louis Trousselier (Fra)
5 Gustave Garrigou (Fra)
6 Ernesto Azzini (Ita) t.m.t.
7 Marcel Godivier (Fra) à 4’1’’
8 Charles Crupelandt (Fra)
9 Ernest Paul (Fra)
10 Charles Cruchon (Fra) t.m.t.


Classement général

Place Coureur Temps / Ecart
1 François Faber (Lux) 24 pts
2 Gustave Garrigou (Fra) 40 pts
3 Octave Lapize (Fra) 45 pts
4 Cyriel Van Hauwaert (Bel) 52 pts
5 Charles Cruchon (Fra) 64 pts
6 André Blaise (Bel) 80 pts
7 Louis Trousselier (Fra) 86 pts
8 Marcel Godivier (Fra) 91 pts
9 Ernest Paul (Fra) 92 pts
10 Charles Crupelandt (Fra) 94 pts
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