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Etape 5 : Chamonix - Grenoble

366 km. 10 juillet 1911

- Emile Georget, meilleur grimpeur
Le col des Aravis permet aux petits gabarits, Emile Georget et Paul Duboc, de se démarquer de leurs collègues. A Aix-les-Bains, les 2 équipiers de La Française passent avec 7’ d’avance sur Gustave Garrigou, leader de l’épreuve, et Eugène Christophe. Les autres, Faber en particulier, sont déjà battus.
Après Saint-Jean-de-Maurienne, les 2 compères baissent sensiblement de rythme. Garrigou en profite pour les rejoindre à Saint-Michel-de-Maurienne. Christophe est à 2’.
C’est dans le col du Télégraphe que Georget fait la différence. Le Châtelleraudais bascule au sommet avec 500 mètres d’avance sur Duboc, 600 mètres sur Garrigou.

-  Le Galibier vaincu
Mais voici le Galibier qui s’offre à lui. Pas question pour Henri Desgrange, l’organisateur de l’épreuve qui avait, l’année dernière, introduit les Pyrénées au programme du Tour, de s’arrêter en si bon chemin. Il a décidé, cette fois, de faire grimper les coureurs à près de 2600 mètres d’altitude et son discours en devient lyrique : "O Sappey ! O Laffrey ! O col Bayard ! O Tourmalet ! Je ne faillirai pas à mon devoir en proclamant qu’à coté du Galibier, vous êtes de la pale et vulgaire "bibine", devant ce Géant, il n’y a plus qu’à tirer son chapeau et à saluer bien bas !" ("L’Auto").
Georget avale la bête en 2h38’, sans jamais mettre pied à terre, à l’exception d’une escapade pour se désaltérer au bord d’un torrent, le sommet presque atteint. Desgrange est évidemment présent pour immortaliser l’instant : "Il fait là-haut, un froid de canard, et lorsque Georget passe, après avoir mis son pied vainqueur sur la tète du monstre, lorsqu’il passe près de nous, sale, la moustache pleine de morve et des nourritures du dernier contrôle et le maillot sali des pourritures du dernier ruisseau où, en nage, il s’est vautré, il nous jette, affreux mais auguste : "ça vous en bouche un coin  !" ("L’Auto").
Duboc, talonné de près par Garrigou, arrive 15’ plus tard. La descente vers Grenoble n’apporte aucune modification.
A 30 ans, Emile Georget n’est pas un nouveau dans le Gotha du cyclisme d’avant-guerre. Champion de France et lauréat de Bordeaux-Paris en 1910, 3ème du Tour 1907, vainqueur depuis ce soir de 9 étapes, son palmarès est brillant mais, cette année encore, ses chances de l’emporter paraissent extrêmement réduites depuis son accident qui lui a couté la bagatelle de 43 points lors de la 3ème étape.

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Georget étoffera encore son palmarès en s’imposant devant Lapize dans Paris-Brest-Paris au mois d’aout 1911.

- Faber en difficulté
Le Luxembourgeois n’a pas apprécié l’altitude : "Dans l’assaut du col du Galibier, je vis Faber comme un homme épuisé, mettre pied à terre fort souvent, se désaltérer dans les ruisseaux plus que de coutume" (H. Desgrange). 12ème de l’étape à 1h30’ de Georget, le "Géant de Colombes" se retrouve, au général, à 10 points de Garrigou, solide leader.

-  Classement de l’étape

Place Coureur Temps / Ecart
1 Emile Georget (Fra) en 13h35’
2 Paul Duboc (Fra) à 15’
3 Gustave Garrigou (Fra) à 26’
4 Ernest Paul (Fra) à 31’
5 Jules Nempon (Fra) à 47’
6 Louis Heusghem (Bel) à 1h1’
7 Charles Crupelandt (Fra) à 1h8’
8 Charles Cruchon (Fra) à 1h10’
9 François Lafourcade (Fra) à 1h25’
10 Firmin Lambot (Bel) à 1h29’

- Classement général

Place Coureur Temps / Ecart
1 Gustave Garrigou (Fra) 13 pts
2 François Faber (Lux) 23 pts
3 Paul Duboc (Fra) 27 pts
4 Louis Heusghem (Bel) 33 pts
5 Charles Crupelandt (Fra) 45 pts
6 Marcel Godivier (Fra) 58 pts
7 Jules Nempon (Fra) 63 pts
8 Ernest Paul (Fra) 65 pts
9 Emile Georget (Fra) 68 pts
10 Paul Deman (Bel) 79 pts
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