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Etape 15 : Briançon - Aix-les-Bains

311 km. 23 juillet 1938

- Vervaecke, 1er coureur à franchir l’Iseran
Depuis Briançon, le peloton aborde tout de suite le col du Galibier qui, dans ce sens, n’offre plus rien de gigantesque : « L’ancien petit sentier étroit et rocailleux montant en lacets très raides avec des virages aigus, qui étaient la terreur des automobilistes, a été remplacé par une magnifique route stratégique, large, bien dessinée et au sol parfaitement goudronné » (R. Huttier). Au sommet, la bonification se dispute au sprint. Bartali, quelque peu ralenti par la foule, se fait bruler la politesse par son équipier Vicini. Dans la descente, les coureurs sont gênés par d’énormes éboulis de rochers.
A partir de Saint-Michel-de-Maurienne, on abandonne l’itinéraire habituel pour gagner le col de l’Iseran dont la route a été récemment inaugurée, une route large, aux virages faciles, au sol non goudronné mais bien empierré.

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1ère ascension du col de l’Iseran (2769 m) avec Vicini qui mène au train


A 9 km du faîte, Goasmat attaque avec Maes, Mollo et Berrendero. Vervaecke se lance à leur poursuite, pas Bartali. Le Belge dépasse les 4 hommes de tête et parvient au sommet 28’’ avant Vissers (1’28’’ de bonification, c’est toujours ça de pris), 2’48’’ avant Bartali.
Attention ! Le Campionissimo n’a-t-il pas digéré son exploit de la veille ? C’est possible mais il faut surtout signaler que, du bas de la descente de l’Iseran jusque Aix-les-Bains, il reste 120 km de plat. Pas de quoi s’alarmer si l’on dispose de solides équipiers...

- Bartali en mauvaise posture
...Et Bartali n’a pas à se plaindre. Au moment de descendre sur Bourg-Saint-Maurice, Vicini, Cottur, Martano et Mollo composent encore sa garde rapprochée. Oui mais l’un après l’autre, les Italiens crèvent (Tiens, on ne parle plus de ces fameux boyaux ?), tant et si bien qu’en bas de la descente, Bartali se retrouve seul face à 5 Belges (Vervaecke, Maes, Vissers, Kint, Lowie), accompagné de Cosson (qui en profitera pour prendre la 3ème place du général) et de Fontenay.
Pour Gino, la situation devient périlleuse : supposez qu’il crève, il ne pourra plus compter sur personne pour lui tendre une roue, il perdra environ 2’30’’ à réparer et les Flamands, à 5 contre 1, ne l’attendront pas, loin de là !
Bon, ne tirons pas de plans sur la comète. Bartali (3ème de l’étape) n’a été victime d’aucun ennui mécanique. Il a suivi le rythme effréné des Belges (M. Clemens, 2ème du général, est relégué à 25’6’’) et son maillot jaune est, plus que jamais, solidement installé sur ses épaules.
Quant à l’étape, elle ne peut échapper à l’ « Escadron Noir » qui envoie l’un des siens, Marcel Kint en l’occurence, cueillir le fruit de son labeur.

Classement de l’étape

Place Coureur Temps / Ecart
1 Marcel Kint (Bel) en 10h52’24’’
2 Jules Lowie (Bel) à 12’’
3 Gino Bartali (Ita)
4 Victor Cosson (Fra)
5 Edward Vissers (Bel)
6 Sylvère Maes (Bel)
7 Jean Fontenay (Fra)
8 Félicien Vervaecke (Bel) t.m.t.
9 Antonin Magne (Fra) à 15’43’’
10 François Neuville (Bel) m.t.


Classement général

Place Coureur Temps / Ecart
1 Gino Bartali (Ita) en 104h48’58’’
2 Félicien Vervaecke (Bel) en 105h9’
3 Victor Cosson (Fra) en 105h17’54’’
4 Edward Vissers (Bel) en 105h24’20’’
5 Mathias Clemens (Lux) en 105h31’37’’
6 Mario Vicini (Ita) en 105h36’39’’
7 Jules Lowie (Bel) en 105h41’22’’
8 Antonin Magne (Fra) en 105h45’36’’
9 Marcel Kint (Bel) en 105h56’18’’
10 Dante Gianello (Fra) en 105h56’34’’
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