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Etape 7 : Brest - Vannes

211 km. 14 juillet 1954

- Schaer relance les hostilités
Emile Guérinel, un gars du «  pays », et le suisse Croci-Torti s’enfuient au 24ème km et comptent rapidement 5’ d’avance. Apo Lazaridès (tiens, le revoilà !), François Mahé (encore un breton) et Jacques Vivier (Sud-Ouest) les rattrapent au 90ème km.
Cela n’inquiète pas le peloton mais ne voilà-t-il pas que Fritz Schaer (3ème du général) et Francisco Alomar (13ème) se lancent à leur poursuite. Evidemment, Bobet ne peut les laisser partir. Pour les coureurs, une nouvelle journée de galère, sous la pluie, se profile à l’horizon.
Pas trop longtemps cependant. Vers le 100ème km, tous les échappés sont repris.
Le journaliste Maurice Vidal n’hésitera pas à rendre hommage, à sa façon, à ce suisse courageux, souvent dans l’ombre de Koblet et de Kubler : Schaer « est petit. Il n’est pas beau. Il n’a plus beaucoup de cheveux. Sur un corps trapu et sans grâce, il porte une face souvent grimaçante, qui semble descendue d’une gargouille de Notre-Dame de Paris. Ses petits yeux sont perpétuellement inquiets, brûlés par la lumière trop vive. (...) Il n’a pas besoin de directives pour sortir du peloton tous les 10 km et obliger Bobet à un effort. Il faut le voir, ramassé sur son vélo, râlant, bavant parfois, martyrisant son corps de gnome pour comprendre ce que c’est qu’une descente aux enfers. Il semble pourtant s’y complaire, la souffrance semble pour lui le nectar de la course. Son courage est inhumain, son obstination métaphysique ».

-  Forlini ne dispute pas le sprint
20 km après avoir été rejoints, Vivier et Mahé repartent à l’assaut. Forlini, vainqueur de l’étape la veille, sent le bon coup. Il les rattrape au prix d’un bel effort.
Nul doute qu’il est plus rapide qu’eux au sprint mais, fatigué, il leur promet de ne pas jouer la victoire s’ils acceptent sa présence jusqu’au bout. Le peloton étant loin derrière, cette étape lui permet d’accrocher la 5ème place du général. Cela suffit à son bonheur.
Le pacte est conclu. Au sprint, Jacques Vivier l’emporte, au grand dam des supporters bretons, venus féliciter leur chouchou, François Mahé, 2ème du Tour des Flandres cette année.

-  Hassenforder abandonne
Roger Hassenforder (Nord-Est- Centre), la révélation du Tour 1953, a abandonné lors de cette étape. Maurice Vidal ne sera pas tendre vis-à-vis de lui : « Caractère instable, inquiet, sujet aux défaillances morales les plus imprévues, comme aux poussées d’optimisme les plus excessives, c’est le contraire même de l’équilibre. Ajoutez à cela que notre alsacien a poussé trop vite vers la gloire sa tête de clown triste, qu’il n’a pas eu le temps d’estimer le rapport exact entre les avantages du métier et ses inconvénients. C’est un nouveau riche de la bicyclette, et il se conduit comme tel ».

Classement de l’étape

Place Coureur Temps / Ecart
1 Jacques Vivier (Fra) en 5h24’22’’
2 François Mahé (Fra)
3 Dominique Forlini (Fra) t.m.t.
4 Ferdinand Kubler (Sui) à 8’28’’
5 Constantin Ockers (Bel)
6 Fritz Schaer (Sui)
7 Wim Van Est (PB)
8 Alfons Vandenbrande (Bel)
9 Louis Bobet (Fra)
10 André Darrigade (Fra) t.m.t.


Classement général

Place Coureur Temps / Ecart
1 Louis Bobet (Fra) en 38h45’41’’
2 Hugo Koblet (Sui) à 17’’
3 Fritz Schaer (Sui) à 59’’
4 Ferdinand Kubler (Sui) à 5’58’’
5 Dominique Forlini (Fra) à 6’46’’
6 René De Smet (Bel) à 7’36’’
7 Wout Wagtmans (PB) à 7’52’’
8 Gilbert Bauvin (Fra) à 8’30’’
9 Wim Van Est (PB) à 9’4’’
10 Jean Forestier (Fra) à 10’35’’
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