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Etape 17 : Luchon - Mourenx

214,5 km. 15 juillet 1969

- Gimondi en difficulté
Le col de Peyresourde est franchi en tête (km 13,5) par Galera qui précède d’une dizaine de secondes les hommes forts du peloton. L’espagnol de chez Fagor récidive en haut d’Aspin (km 44) mais il ne s’agit que d’un préambule.
Bientôt, il faut aborder le col du Tourmalet et, dès le début, de nombreux coureurs sont lâchés. A quelques kilomètres du sommet, il ne reste plus que 9 hommes pour diriger la course : Merckx et son équipier Vandenbossche, Gandarias, Poulidor, Bayssière, Zimmermann, Gutty, Pingeon et Theillière. Vous remarquerez certainement l’absence de Gimondi (3ème du général ce matin), victime depuis quelques jours d’ennuis intestinaux (ver solitaire ?). L’italien, vainqueur du Giro cette année, terminera dans le 2ème groupe, 17ème à 14’49’’ du vainqueur.

- Merckxissime
A 200 m. du sommet du Tourmalet (km 74), Merckx accélère et devance sur la ligne Vandenbossche. Surprenant ! Quelle mouche l’a donc piqué d’aller disputer le Grand Prix de la Montagne à l’un de ses hommes ? Plus tard, Merckx s’expliquera à ce sujet : « Si j’ai attaqué dans le Tourmalet, c’est parce que j’étais sous le coup d’une déception. Martin Vandenbossche, mon équipier, aurait bien aimé franchir ce col en tête, mais il m’avait appris, deux jours plus tôt, qu’il me quitterait l’année suivante. Je n’appréciais guère cette attitude ni le fait - alors que nous étions encore en plein Tour de France - qu’il ait déjà pris des contacts avec une autre équipe (la Molténi en l’occurrence). J’étais déçu, presque fâché. »
Evidemment, chacun pense qu’il va se relever dans la descente. C’est mal connaître Eddy «  le Mégavélomane » (Goddet) qui accélère, passe à Barèges (km 85) avec 25’’ d’avance sur ses poursuivants. Le bruxellois semble alors hésiter, reprend quelques forces en se ravitaillant puis repart de plus belle. En bas du Soulor (km 122), il compte 3’35’’ d’avance ; 5’15’’ au sommet ; 6’55’’ en haut de l’Aubisque (km 140).
Derrière, Pingeon et Bayssière (Peugeot), Theillière et Zimmermann (Sonolor), Poulidor (Mercier) puis Dancelli (Molténi) n’ont guère envie de se lancer dans une chasse effrénée. Le fauve est trop fort. Les minutes s’égrènent donc inexorablement. A l’arrivée, après 140 km de randonnée solitaire à 30,320 km/h de moyenne, Merckx a relégué ses adversaires à près de 8’ !
Mourenx - Ville Nouvelle, créée à la fin de 1957 pour héberger les travailleurs du complexe industriel de Lacq, est entrée dans l’histoire du cyclisme.

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Merckx, lors d’un de ses exploits les plus retentissants


Classement de l’étape

Place Coureur Temps / Ecart
1 Eddy Merckx (Bel) en 7h4’28’’
2 Michele Dancelli (Ita) à 7’56’’
3 Martin Vandenbossche (Bel) à 7’57’’
4 André Bayssière (Fra)
5 Roger Pingeon (Fra)
6 Jean-Claude Theillière (Fra)
7 André Zimmermann (Fra)
8 Raymond Poulidor (Fra) t.m.t.
9 Jan Janssen (PB) à 14’47’’
10 Marinus Wagtmans (PB) à 14’48’’


Classement général

Place Coureur Temps / Ecart
1 Eddy Merckx (Bel) en 84h37’53’’
2 Roger Pingeon (Fra) à 16’18’’
3 Raymond Poulidor (Fra) à 20’43’’
4 Felice Gimondi (Ita) à 24’18’’
5 Andres Gandarias (Esp) à 29’35’’
6 Marinus Wagtmans (PB) à 30’50’’
7 Pierfranco Vianelli (Ita) à 35’22’’
8 Désiré Letort (Fra) à 45’47’’
9 Joaquim Agostinho (Por) à 46’58’’
10 Jan Janssen (PB) à 48’43’’
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