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Etape 8 : Nancy - Mulhouse

252 km. 2 juillet 1952

- Un Tour particulièrement éprouvant
Les commentateurs sont unanimes pour déclarer qu’il s’agit d’un des Tours les plus difficiles depuis la guerre. Lisons Pierre Chany : « A la chaleur qui sévit depuis le départ, il faut ajouter les difficultés offertes par des parcours, différents dans leurs aspects, mais toujours déprimants. Dans l’Ouest, c’étaient de petites côtes du genre « casse-pattes » qui se succédaient à un rythme endiablé ; dans le Nord, les pavés de « l’enfer », et maintenant les cols vosgiens (Grosse-Pierre ; Bussang ; Ballon d’Alsace ; Hunsrück et Amic). Bref, la plupart accusent la fatigue et les abandons se multiplient. »
Il y en aura 8 aujourd’hui. Citons parmi les plus marquants celui de Vanderstockt, 5ème du général ce matin ou celui, consécutif à sa chute dans le Ballon, de Marcel Dussault. Le coureur du Nord-Est - Centre, évanoui, saignait de l’oreille. On a, un moment, craint le pire avant que des nouvelles rassurantes ne parviennent de l’hôpital.

-  « J’aime Gem » (Jacques Goddet)
A 123 km de l’arrivée, Raphaël Geminiani se lance dans une offensive dont il a le secret. Il rattrape l’espagnol José Pérez, en tête depuis le col de la Grosse-Pierre (km 105) puis l’abandonne alors que le pauvre a crevé. En haut du Hunsrück, Gem possède 9’25’’ d’avance sur un peloton amorphe. Seul Bartali a manifesté de l’impatience alors que Coppi a laissé l’écart s’accroître. Faut-il se souvenir que, toute l’année, Geminiani et Coppi font partie de l’équipe Bianchi ? Toujours est-il que la plaisanterie a assez duré et qu’il est temps de colmater quelque peu la brèche. A Mulhouse, le Clermontois ne termine plus qu’avec 5’19’’ d’avance sur 16 hommes.
Robic qui a crevé dans le Ballon d’Alsace, passe la ligne avec 10’26’’ de retard.

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Geminiani peu avare de ses efforts

- Magni récupère le jaune
«  A un kilomètre de l’arrivée à Mulhouse, Bartali se portait en tête, ayant dans sa roue Coppi et Magni. Après 500 mètres, il s’écartait et laissait la place à Coppi, lequel emmenait à son tour Magni, et enfin, à 100 mètres de la ligne, ce dernier surgissait pour s’emparer de la 2ème place et des 30’’ de bonification qui lui rendaient le maillot jaune.
Ce petit détail pas très important en soi montre assez bien qu’il convient d’être sceptique sur les bruits d’une mésentente de l’équipe italienne en même temps qu’il confirme une fois de plus de quelle organisation minutieuse elle bénéficie. Il est juste de noter, par ailleurs, que Nello Lauredi, seul français du groupe d’arrivants, ne pouvait faire beaucoup mieux qu’il ne fit
. » (Charles Pélissier)

Classement de l’étape

Place Coureur Temps / Ecart
1 Raphaël Geminiani (Fra) en 8h17’21’’
2 Fiorenzo Magni (Ita) à 5’19’’
3 Constantin Ockers (Bel)
4 Fausto Coppi (Ita)
5 Gottfried Weilenmann (Sui)
6 Aloïs De Hertog (Bel)
7 Nello Lauredi (Fra)
8 Alex Close (Bel)
9 Jean Le Guilly (Fra)
10 Antonio Gelabert (Esp) t.m.t.


Classement général

Place Coureur Temps / Ecart
1 Fiorenzo Magni (Ita) en 46h25’45’’
2 Nello Lauredi (Fra) à 20’’
3 Fausto Coppi (Ita) à 4’3’’
4 Alex Close (Bel) à 5’14’’
5 Andrea Carrea (Ita) à 8’10’’
6 Gino Bartali (Ita) à 10’59’’
7 Constantin Ockers (Bel) à 12’26’’
8 Bernardo Ruiz (Esp) à 14’31’’
9 Raphaël Geminiani (Fra) à 15’37’’
10 Gottfried Weilenmann (Sui) à 17’13’’
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