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Etape 22 B : Melun - Paris La Cipale (c.l.m.)

55,2 km. 21 juillet 1968

- Une première
Terminé le Parc des Princes. Pour la première fois, le Tour de France s’achève dans le bois de Vincennes, au vélodrome de la Cipale.

-  Un formidable suspense
9 coureurs séparés par 2’28’’ alors qu’il ne reste plus qu’un contre-la-montre de 55,2 km à effectuer. Du jamais vu dans l’histoire du Tour.
3 d’entre eux font l’objet d’une attention toute particulière étant donné leurs capacités dans l’épreuve chronométrée : le maillot jaune Van Springel (Belgique A), le hollandais Janssen (3ème à 16’’) et Bracke (Belgique B), 7ème à 1’56’’. Ce dernier, recordman de l’heure depuis ses 48,093 km de Rome en octobre 1967, semble même avoir les faveurs des pronostics.

- Janssen, le premier hollandais
Après un départ ultrarapide, Bracke s’est essoufflé et n’a pas réalisé l’exploit attendu (4ème à 1’23’’).
Sur un parcours sinueux, agrémenté de 3 rampes dont une difficile vers la mi-parcours, la bataille s’est circonscrite au duo Van Springel - Janssen.
A mi-course, le hollandais avait 2’’ de retard sur le flamand mais il avait décidé, avant de s’élancer, de produire son effort dans la seconde partie du chrono, et, conformément à ses prévisions, le batave a franchi la ligne, à 41,322 km/h de moyenne, avec 54’’ d’avance sur son adversaire. Jan Janssen a donc remporté le Tour de France pour 38’’, ce qui, à l’époque, constituait le plus petit écart jamais enregistré.
A 28 ans, Janssen est comblé : champion du monde en 1964, vainqueur, entre autres, de la Vuelta et de Paris-Roubaix en 1967, il possède l’un des palmarès les plus étendus du cyclisme moderne. Albertus Geldermans, le directeur sportif de la Hollande, et Maurice De Muer qui accompagne son poulain toute l’année au sein de la formation « Pelforth » sont aux anges.

-  L’amertume de Van Springel
30 ans plus tard, Van Springel n’a toujours pas avalé la couleuvre. Dans le livre qu’il a écrit à la gloire de Janssen, Jean-Pierre Marcuola a recueilli les paroles du vaincu : « J’avais remarqué un étrange manège, à l’écart des foules, entre Félix Lévitan et le docteur Dumas. De qui, de quoi parlaient-ils ? On vint me mettre en garde : les contrôles anti-dopage seraient menés avec une rigueur accrue. J’ai su de nombreuses années plus tard, et de la bouche même d’un coureur hollandais, qu’à Jan, on promit exactement le contraire. A quoi bon avancer des noms, réunir des preuves aujourd’hui ? Est-ce que l’on me rendra le Tour de France ? Par contre, j’en veux beaucoup à Frans Cools, mon directeur sportif, de n’avoir pas mis à ma disposition un vélo spécial pour le contre-la-montre. Le matériel dormait à Anvers ! Il paraît que j’avais oublié de le réclamer ! Jan utilisait une bicyclette allégée, sortie tout droit des ateliers des frères Lejeune, ses habituels constructeurs. Il fut informé régulièrement de nos positions respectives quand j’attends toujours qu’on me communique mes temps de passage ! Non, décidément, on ne voulait pas de moi sur les tablettes du Tour ! J’affirme avoir réussi une bonne performance entre Melun et Paris, suffisante pour que mon adversaire qui ne m’impressionnait pas contre-la-montre reste à sa place. Seulement, Jan volait littéralement ce jour là. »
Peut-être mais lorsqu’on analyse les chronos effectués sur le Tour par les 2 coureurs, on s’aperçoit que jamais Van Springel n’avait battu Janssen en 6 confrontations entre 1966 et 1968. Alors ...

Classement de l’étape

Place Coureur Temps / Ecart
1 Jan Janssen (PB) en 1h20’9’’
2 Herman Van Springel (Bel) à 54’’
3 Roger Pingeon (Fra) à 1’17’’
4 Ferdinand Bracke (Bel) à 1’23’’
5 Rolf Wolfshohl (RFA) à 1’50’’
6 Arie Den Hartog (PB) à 2’14’’
7 Georges Pintens (Bel) à 2’54’’
8 Charly Grosskost (Fra) à 3’9’’
9 Gregorio San Miguel (Esp) à 3’21’’
10 Lucien Aimar (Fra) à 3’22’’
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