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Etape 11 : Caen - Paris

253 km. 30 juillet 1905

-  Une course avec entraîneurs
Tout comme pour la 1ère étape, des entraîneurs sont aujourd’hui autorisés à apporter leur soutien aux coureurs. C’est ainsi que l’on retrouve René Pottier (pour la formation Peugeot) et Henri Cornet (pour les J.C.), 2 vieilles connaissances qui avaient abandonné en cours de route.
Et ils ne sont pas venus pour faire de la figuration ! Dès les premiers kilomètres, un vent violent les poussant littéralement vers Paris, les voilà qui emmènent le peloton à toute allure (33,7 km/h de moyenne à l’arrivée, record de l’épreuve battu).

- Trousselier perd le bénéfice de sa victoire au jeu
Jusque Pont-Audemer, le leader de l’épreuve Louis Trousselier semble suivre sans problème. Oui mais à l’entrée de cette ville, «  Trou-trou » se relève et réclame un nouveau vélo. Le temps d’effectuer le changement et ses adversaires (Dortignacq, Petit-Breton et Aucouturier) sont loin. Pas grave. Trousselier n’a plus rien à craindre au classement général. Il peut se permettre d’assurer. 4ème de cette étape, "le Crack de Levallois" remporte le 3ème Tour de France de l’histoire, quelques mois après s’être adjugé Paris-Roubaix.
« Le soir même », rapporte P. Chany dans son livre « La Fabuleuse Histoire du Tour de France », «  il s’enferma avec deux camarades dans une cabine du vélodrome Buffalo. Sur une table de massage, les dès roulèrent toute la nuit et une grande partie de la matinée du lendemain. Quand Trousselier sortit de la cabine, il n’avait plus un sou en poche ».
En 1908, Trousselier (1881-1939) remportera Bordeaux-Paris (« Mon plus beau titre de gloire ») avant de se retirer à l’aube de la première guerre mondiale et d’ouvrir un prospère commerce de fleurs artificielles.

- Aucouturier 2ème
Mais revenons à la fin de cette étape. Aucouturier (2ème du général), Dortignacq (3ème) et Petit-Breton (5ème) filent toujours aussi rapidement vers la capitale lorsque, entre Vernon (km 179) et Mantes (km 203), « Le Terrible » donne des signes de fatigue. Il lève bientôt le pied. Oh, pas beaucoup, juste assez pour ne pas perdre sa 2ème place sur le podium.
Devant, entre Orgeval et Ecquevilly, sur la route de « Quarante-Sous » (c’est là que l’arrivée a été secrètement fixée), Jean-Baptiste Dortignacq gagne sa 3ème étape au sprint devant Petit-Breton. A peine le temps d’espérer dépasser Aucouturier au général que celui-ci franchit la ligne, 2’30’’ plus tard.
Tout ce beau monde peut ensuite se rendre sur le vélodrome du Parc des Princes où une prime (remportée par Henri Lignon) récompense le vainqueur de l’épreuve du kilomètre.

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Les Rouennais sont venus en nombre assister au passage du Tour de France.
Une réussite pour H. Desgrange après le fiasco de 1904 et les 2 premières étapes perturbées par des clous... Son épreuve est définitivement lancée.

- Classement de l’étape

Place Coureur Temps / Ecart
1 Jean-Baptiste Dortignacq (Fra) en 7h30’
2 Lucien Petit-Breton (Fra) à 1’’
3 Hippolyte Aucouturier (Fra) à 2’30’’
4 Louis Trousselier (Fra) à 17’1’’
5 Augustin Ringeval (Fra) à 23’
6 Emile Georget (Fra) à 25’15’’
7 Paul Chauvet (Fra) à 1h18’10’’
8 Henri Lignon (Fra) m.t.
9 Antony Wattelier (Fra) à 1h18’15’’
10 Camille Fily (Fra) à 1h40’
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