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La première guerre mondiale

-  « Le Grand Match » (H. Desgrange « L’Auto » 3 août 1914)
Le Tour de France s’achève le 26 juillet 1914. Le 3 août, l’Allemagne déclare la guerre à la France. Le même jour, Henri Desgrange publie un éditorial qui en dit long sur les violences verbales de l’époque : «  Mes p‘tits gars ! Mes p’tits chéris ! Mes p’tits gars français ! Ecoutez-moi ! Les Prussiens sont des salauds… Il faut que vous les ayez, ces salauds là. Il faut que vous les ayez ! D’abord, parce que si vous ne les avez pas, ils vous auront. Et quand ils vous auront, vous ne serez plus que des machines à obéir : vous serez obligés de faire le salut militaire à tous les uniformes. (…) Stupide et fourbe en 1806, lâche en 1870, pourquoi voulez-vous qu’il soit devenu intelligent en 1914. C’est un gros match que vous avez à disputer : faites usage de tout votre répertoire français. La tactique – n’est-ce-pas ? – n’est pas pour vous effrayer. Une feinte et l’on rentre… Vous savez tout cela, mes p’tits gars, mieux que moi qui vous l’enseigne depuis bientôt trois lustres. Mais méfiez-vous ! Quand votre crosse sera sur leurs poitrines, ils vous demanderont pardon. Ne vous laissez pas faire. Enfoncez sans pitié. Il faut en finir avec ces imbéciles malfaisants qui, depuis quarante quatre ans, nous empêchent de vivre, d’aimer, de respirer et d’être heureux… Ils comprendront que l’Alsace et la Lorraine sont des terres françaises. »

4 ans plus tard...

- 3 vainqueurs du Tour de France décédés
François Faber, vainqueur en 1909, est mort au combat près du Mont-Saint-Eloi le 9 mai 1915. Son corps n’a jamais été retrouvé.
Octave Lapize, vainqueur en 1910, a été tué dans un combat aérien le 14 juillet 1917.
Lucien Petit-Breton, vainqueur en 1907 et 08, est mort le 20 décembre 1917 dans un accident d’automobile.

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L’hommage dédié à François Faber dans la basilique de Notre-dame-de-Lorette à Ablain-Saint-Nazaire (62)

- Et bien d’autres tout aussi respectables
Dans son livre «  Le Tour de France 1914 : De la fleur au guidon à la baïonnette au canon », Jean-Paul Bourgier estime que 48 coureurs français ayant participé un jour au Tour de France ont trouvé la mort au « champ d’honneur ». Le Luxembourgeois François Faber et le Belge Marcel Kerff, 6ème en 1903, pendu par les Allemands près de Berneau le 7 août 1914, complètent la liste.
Souvenons-nous d’Emile Engel, vainqueur de la 3ème étape du Tour 1914, et décédé le 10 septembre 1914 à Maurupt-en-Montois lors de la célèbre bataille de la Marne ; de François Lafourcade, suspecté d’avoir « empoisonné » le bidon de Duboc lors de l’étape Luchon-Bayonne en 1911, tué le 10 août 1917 à Eu ; d’Henri Alavoine, le frère du « Gars Jean », qui succombe au cours de l’été 1916 à ses blessures après avoir été touché lors d’un combat d’avions près de Charleroi ; du frère cadet de Petit-Breton, Anselme Mazan, victime des offensives inutiles du Général Nivelle en juin 1915.