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Etape 5 : Pau - Luchon

229 km. 12 juillet 1932

- Trueba et Faure méritaient mieux
Pluie battante, boue pénétrante, brouillard épais. Les coureurs ont gravi Aubisque et Tourmalet dans des conditions dantesques.
Le départ est donné à Pau sous le coup de 7 heures du matin. Dès le 4ème kilomètre d’ascension de l’Aubisque, le touriste-routier espagnol Vicente Trueba se met en valeur avant d’être rejoint par ses congénères Barral, Zanzi et Benoît Faure, plus à l’aise chez les individuels qu’au sein de l’équipe de France. Pesenti passe au sommet avec 2’10’’ de retard.
Le Tourmalet se révèle cette année particulièrement pénible : le sol n’est qu’un bourbier où les roues de vélo patinent tellement que tous doivent mettre pieds à terre à plusieurs reprises. Dans cet enfer, Benoît Faure et Vicente Trueba, petits gabarits, dominent les débats. Les voici en haut avec 1’32’’ d’avance sur Camusso, 1’35’’ sur Archambaud, 4’10’’ sur Pesenti. Mais il reste une centaine de kilomètres avant d’atteindre Luchon...

- Joli tir groupé italien
Excellent grimpeur, Trueba souffre sur le plat. Une crevaison à Sainte-Marie-de-Campan n’arrange pas les choses pour «  la Puce de Torrelavega » (20ème à 16’47’’ du vainqueur).
Benoît Faure se débrouille mieux mais il doit accepter le retour des italiens Antonio Pesenti et Francesco Camusso. Le premier nommé, 3ème du Tour l’année dernière, remporte l’étape et se replace à la 4ème position au général.

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Pesenti (1908-1968) remportera dans quelques heures sa seule étape en 3 participations dans le Tour.

-  Leducq, plus favori que jamais
Le maillot jaune André Leducq sait parfaitement ce qu’il doit faire : ne pas concéder trop de temps par rapport aux grimpeurs dans les cols puis donner le maximum dans les descentes et sur le plat. 5’5’’ de retard sur Trueba au sommet de l’Aubisque. Ca va. A fond dans la descente. Une montée du Tourmalet où l’on ne voit pas à 5 mètres mais où l’on reçoit des encouragements sympathiques de la part de 2 spectateurs avertis, Antonin Magne et Jean Bidot. 5’30’’ de retard en haut de cette 2ème difficulté. Le plus dur est fait. Le terrain se prête désormais aux qualités de «  Dédé », et ce d’autant plus qu’Archambaud et Bidot peuvent lui prêter main forte, ainsi que l’ami belge Jean Aerts. Leducq termine l’étape 6ème à 3’53’’ de Pesenti.
Le bilan est largement positif. Certes, les italiens ont gagné mais ce ne sont pas de grands sprinters et le système des bonifications ne les avantage guère. Les belges ont fait faillite (Ronsse se classe 22ème à 19’45’’, Demuysère 30ème à 25’20’’, Rebry 39ème à 38’26’’).
Ne serait-ce pas du côté de l’allemand Stoepel (8ème de l’étape à 10’’ de Leducq) que le danger se manifeste ?

Classement de l’étape

Place Coureur Temps / Ecart
1 Antonio Pesenti (Ita) en 9h0’33’’
2 Benoît Faure (Fra) m.t.
3 Francesco Camusso (Ita) à 5’’
4 Eugenio Gestri (Ita) à 3’14’’
5 Maurice Archambaud (Fra) à 3’53’’
6 André Leducq (Fra)
7 Jean Aerts (Bel) t.m.t.
8 Kurt Stoepel (All) à 4’3’’
9 Marcel Bidot (Fra) à 6’51’’
10 Jean Naert (Bel) à 12’39’’


Classement général

Place Coureur Temps / Ecart
1 André Leducq (Fra) en 44h20’28’’
2 Kurt Stoepel (All) en 44h22’23’’
3 Jean Aerts (Bel) en 44h26’55’’
4 Antonio Pesenti (Ita) en 44h27’14’’
5 Benoît Faure (Fra) en 44h29’14’’
6 Francesco Camusso (Ita) en 44h30’19’’
7 Maurice Archambaud (Fra) en 44h33’22’’
8 Georges Lemaire (Bel) en 44h35’24’’
9 Jan Wauters (Bel) en 44h37’23’’
10 Georges Ronsse (Bel) en 44h40’8’’
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