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Etape 2 : Mulhouse - Strasbourg

144 km. 28 juin 1971

- Merckx à Merxheim
La pluie est au rendez-vous. Cela n’empêche pas Manzanèque et Swerts de se détacher au 11ème km. Le belge remporte le « point chaud » de Merxheim (km 24) tandis que, 15’’ plus tard, son patron, Eddy Merckx en personne, rafle la seconde de bonification restante. L’échappée prend ensuite fin.

- Le col de Firstplan décisif
Après quelques escarmouches qui ont déjà bien égrené le peloton, Raymond attaque violemment dans le col de Firstplan. Zoetemelk vise clairement le classement de la montagne. Il prend le français en chasse et le dépasse. Au sommet (km 41,5), le hollandais possède 10’’ d’avance sur Fuente, 15’’ sur Van Impe et Raymond, 20’’ sur Merckx et le premier peloton.
Dans la descente, 16 hommes se regroupent et décident, à la surprise générale car il s’agit là des principaux favoris de l’épreuve, de conjuguer leurs forces et de distancer irrémédiablement tous les autres. A l’arrivée, une centaine de kilomètres plus loin, l’écart est de 9’27’’ !
Il est temps d’effectuer de recensement de cette échappée royale : Bien sûr, Merckx est présent, accompagné de Van Springel et de Mintjens (mais ce dernier a crevé 2 fois et a été repris près de Ribeauvillé au 72ème km). Les Flandria (Zoetemelk, R. De Vlaeminck, Tabak) sont également bien représentés ainsi que les Peugeot (Thévenet, Delisle, Raymond). Les frères Pettersson (Ferretti), les 2 leaders « Bic » (Ocana et Mortensen), Motta (Salvarani), Paolini (Scic) et Van Impe (Sonolor) complètent l’effectif.
Réfléchissons un peu. Pourquoi donc se donner tant de peine (45,943 km/h de moyenne) sous la pluie et par fort vent, alors qu’au premier abord, les candidats à la victoire finale ne se sont pas faits piéger ? 2 raisons certainement à cela. Tout d’abord, les « Kas » (Fuente, Gandarias, Galdos) brillent par leur absence et, cette année, la montagne s’annonce pénible. Ensuite, Thévenet et Van Impe se sont débarrassés, au sein de leur propre équipe, d’un rival qui aurait pu, à l’avenir, se révéler encombrant, Bracke, vainqueur de la Vuelta et Aimar, en l’occurrence.

- Superbe affrontement Merckx - De Vlaeminck
Le stade Tivoli à Strasbourg a été le théâtre d’une lutte sans merci entre le maillot jaune et l’un de ses plus redoutables « ennemis », Roger De Vlaeminck. Entré le premier sur la piste en cendrée, Merckx se fait immédiatement passer par le flamand qui a, sur ce type de revêtement, quasiment course gagnée. Mais Eddy revient dans son sillage et, à l’abord du dernier virage, sans se préoccuper une seule seconde des risques inconsidérés qu’il prend alors, déborde son adversaire et l’emporte.
Quelques instants plus tard, alors que les journalistes lui reprocheraient presque sa témérité, « le Cannibale » leur rétorque simplement : « On est là pour gagner, non ? »

Classement de l’étape

Place Coureur Temps / Ecart
1 Eddy Merckx (Bel) en 3h5’27"
2 Roger De Vlaeminck (Bel)
3 Herman Van Springel (Bel)
4 Joop Zoetemelk (PB)
5 Gianni Motta (Ita)
6 Tino Tabak (PB)
7 Enrico Paolini (Ita)
8 Christian Raymond (Fra)
9 Gosta Pettersson (Sue)
10 Luis Ocana (Esp) t.m.t.


Classement général

Place Coureur Temps / Ecart
1 Eddy Merckx (Bel) en 8h41’16’’
2 Herman Van Springel (Bel) à 21"
3 Roger De Vlaeminck (Bel) à 32"
4 Gosta Pettersson (Sue) à 37"
5 Tino Tabak (PB) à 42"
6 Enrico Paolini (Ita)
7 Joop Zoetemelk (PB) t.m.t.
8 Gianni Motta (Ita) à 44"
9 Leif Mortensen (Dan) à 47"
10 Luis Ocana (Esp) m.t.
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