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Les forces en présence

-  La révolution
Profondément choqué par les manœuvres de l’équipe Alcyon qui ont " fait gagner un cadavre " en la personne du belge Maurice Dewaele l’année dernière, Henri Desgrange décide de bouleverser le Tour de France.
Le 25 septembre 1929, il publie dans son journal « L’Auto » un article où il stipule que, désormais, la Grande Boucle se disputera par équipes nationales : 8 Français, 8 Belges, 8 Italiens, 8 Espagnols et 8 Allemands. Le peloton sera complété par les habituels « touristes-routiers ».
Desgrange ne s’arrête pas là. Il décrète que les 40 «  as » monteront sur des vélos qui appartiendront à son journal et qu’ils seront logés, nourris, massés et payés par ses propres soins. Il s’agit évidemment d’exclure de son épreuve les grandes marques de cycles qui régnaient en maître jusqu’ici.
Comment financer cette nouvelle organisation ? En autorisant les chocolats « Menier » à précéder les coureurs, opération publicitaire beaucoup plus attrayante pour cette société qui, auparavant, passait longtemps après les concurrents, alors qu’il n’y avait plus personne sur les routes. Desgrange vient de mettre en place l’ébauche de la « caravane du Tour ».

- Un match France - Italie ?
A tout seigneur, tout honneur : le Tour de France bénéficie de la présence du « campionissimo » Alfredo Binda, champion du monde 1927, vainqueur du Giro en 1925, 27, 28 et 29, du Tour de Lombardie en 25 et 26, de Milan-San-Remo en 29.
L’italien devra se mesurer à une équipe de France sélectionnée par Desgrange ( !) avec à sa tête Victor Fontan (38 ans), le héros malheureux du Tour 1929 mais aussi André Leducq (2ème en 1928, lauréat de Paris-Roubaix cette même année), Antonin Magne (6ème en 27 et 28) et Charles Pélissier, le cadet de la famille.
En l’absence de Dewaele dont Desgrange ne voulait pas, les Belges s’en remettront à Jef Demuysère (3ème en 29) tandis que le Luxembourgeois Nicolas Frantz (vainqueur en 27 et 28) est resté à la maison, victime de la création des équipes nationales.