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Etape 22 : Dieppe - Paris

332 km. 28 juillet 1929

- 20ème et dernière victoire d’étape pour Frantz
Promenade jusque Bolbec (km 139) où le peloton se casse, momentanément, en plusieurs groupes. Rebry et Vervaecke contrôlent ensuite tranquillement la situation.
Dans la côte de Louveciennes, à 16 km de l’arrivée, C. Pélissier, Frantz et Leducq prennent 100 m. d’avance ; 200 m. grâce à des motocyclettes qui les tirent littéralement dans la descente de Vaucresson. Mais Leducq crève et disparait de la lutte. Frantz refuse de relayer « Charlot », si bien que ce dernier ralentit l’allure et 10 coureurs (dont Demuysère, 2ème du général) reviennent sur eux avant l’arrivée au Parc des Princes. Peu importe. Nicolas Frantz et Charles Pélissier se retrouvent au coude à coude, quelques instants plus tard pour en découdre au sprint. Un sprint que remporte le Luxembourgeois.

-  Des sanctions bien tardives

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Demuysère embrasse De Waele (1896 - 1952), le "cadavre" que vilipende Desgrange dans un de ses célèbres articles.


Sur cette photo, Jef Demuysère est heureux. Il vient de terminer son premier Tour de France à la 2ème position devant Giuseppe Pancera. Quatre mois et demi plus tard, lors de l’homologation, une mauvaise nouvelle l’attend sous la forme d’une pénalité de 25’ pour prise de boisson illicite. L’Italien sera, lui, sanctionné de 10’ pour avoir reçu de l’aide après une crevaison. Résultat : Pancera 2ème, Demuysère 3ème !

-  Une révolution est en marche
R. Huttier résume l’impression générale dans le « Miroir des Sports » : « Le Belge Maurice Dewaele était sûr de gagner le Tour de France. Pour cela, tous les concours lui étaient assurés, concours de ses coéquipiers, concours de certains de ses adversaires mêmes. En dépit des rigueurs d’un règlement draconien, l’esprit d’équipe, que l’on voulait abolir, se manifesta avec une ampleur majestueuse. Le directeur de la course et les constructeurs, à de nombreuses reprises, se trouvèrent dressés les uns contre les autres, car leurs raisons, leurs opinions, leurs buts n’étaient pas les mêmes à beaucoup près. Dans de telles conditions, le sport se trouva relégué à la condition la plus précaire, et la fin du Tour de France fut absolument dénuée de toute espèce d’intérêt. (…) Il n’y a pas à se le dissimuler, le Tour traverse, en ce moment, une crise très grave. Ce n’est pas que la foule s’intéresse moins qu’autrefois à la grande épreuve. Pas le moins du monde ! Le Tour a toujours un public nombreux, fidèle, nous l’avons bien vu cette année. Les raisons en sont plus profondes et se placent sur une autre échelle. Supprimez le conflit organisateurs-constructeurs et vous aurez une course parfaite. Par ailleurs, sur le marché, une maison de cycles fait preuve d’une trop grosse supériorité, d’une supériorité telle que tous les autres doivent s’incliner devant elle. De toute façon, il semble bien que la formule actuelle, malgré les résultats qu’elle a donnés au début du Tour, ne sera pas retenue. Il faudra trouver du nouveau et du meilleur. »
Desgrange, nous l’avons compris, en a assez de lutter contre les industriels du cycle. Et puis, il faut remonter à 1923 pour voir un Français (Henri Pélissier) monter sur la plus haute marche du podium. Une éternité qui finit par peser sur la vente des journaux (malgré ce que peut en dire R. Huttier). Peut-être est-il temps de bouleverser l’épreuve ?

- Classement de l’étape

Place Coureur Temps / Ecart
1 Nicolas Frantz (Lux) en 12h19’19’’
2 Charles Pélissier (Fra)
3 Jules Merviel (Fra)
4 Frans Bonduel (Bel)
5 Benoit Faure (Fra)
6 Jef Demuysere (Bel)
7 Antonin Magne (Fra)
8 Gaston Rebry (Bel)
9 Salvador Cardona (Esp)
10 Marcel Bidot (Fra) t.m.t.
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