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Etape 12 A : Marseille - Nîmes

112 km. 14 juillet 1937

- « Ce n’est qu’un au revoir »
Gino Bartali n’a pas pris le départ de Marseille. Bronchiteux depuis son plongeon dans le torrent, peut-être quelque peu fatigué après sa victoire dans le Giro (aucun coureur n’a encore remporté le Tour d’Italie et le Tour de France la même année), le campionissimo s’est rendu chez M. Desgrange afin de lui expliquer les raisons de son abandon, geste qui a beaucoup plu à l’organisateur de l’épreuve. Puis il a pris le train à la gare Saint-Charles, direction Florence
et rendez-vous l’année prochaine...

- « Le fait du prince » (Jean Antoine, journaliste à « Match »)
Bartali parti, l’équipe de France trop faible, Desgrange craint que les Belges ne vampirisent la course, en particulier lors des contre-la-montre par équipes. Il décide donc, au mépris de toutes les convenances, de purement et simplement les annuler. Au grand désarroi de nombreux commentateurs de l’époque : « Le Tour de France en arrive une fois de plus à un tournant de son histoire. Desgrange, avant qu’il ne soit longtemps, ne manquera certainement pas de constater qu’il a pêché contre le sport et que, ce faisant, il a porté un coup terrible à son organisation qui ne peut être placée que sur la bonne foi réciproque des organisateurs et des coureurs ! Les Belges sont les meilleurs ! Qu’ils gagnent ! Mais est-ce en les brimant qu’on rendra les autres meilleurs ! Comment ne pas se montrer méfiants, ou moins crédules, comme on voudra, lorsqu’on constate de quel poids pèse, en marge du sport, la volonté de l’organisateur qui semble un auteur dramatique mécontent de son dénouement et qui fait un remaniement profond de sa pièce à la veille de sa 1ère représentation ! » (Antoine).

- Les Belges maîtrisent
Certainement désapointée par cette décision surprenante, la formation dirigée par Karel Steyaert contrôle quand même la course jusqu’à ce que l’un des siens, Jules Lowie (9ème du général), ne s’échappe en compagnie de Marcaillou, Van Schendel, Introzzi, Zimmermann et du touriste-routier Antoine. Il s’agit là d’une bonne opération pour les Belges au classement inter-nations. Pourquoi ne pas leur accorder un bon de sortie ? Et c’est ainsi que ce petit groupe franchit la ligne 9’53’’ avant le peloton. Lowie se retrouve 6ème au général.
Le Lorrain Alphonse Antoine profite du sprint pour remporter l’étape.

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Le plus beau succès de la carrière d’Antoine (1915-1999), 27ème du Tour en 1936.


Classement de l’étape

Place Coureur Temps / Ecart
1 Alphonse Antoine (Fra) en 3h39’37’’
2 Sylvain Marcaillou (Fra)
3 Antoon Van Schendel (PB)
4 Augusto Introzzi (Ita)
5 Robert Zimmermann (Sui)
6 Jules Lowie (Bel) t.m.t.
7 Erich Bautz (All) à 9’53’’
8 Giuseppe Martano (Ita)
9 Hubert Deltour (Bel)
10 Emile Gamard (Fra) t.m.t.


Classement général

Place Coureur Temps / Ecart
1 Sylvère Maes (Bel)
2 Roger Lapébie (Fra) à 2’53’’
3 Albertin Disseaux (Bel) à 5’17’’
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